Détails sur le doré jaune
La biologie et reproduction de l’espèce
La raison pour laquelle le doré jaune est très recherché est sans contredit pour
sa chair savoureuse. La région Baie-James recèle de nombreux plans d’eau
propices pour y retrouver le doré jaune (Stizostedion vitreum). C’est un poisson
lucifuge, c’est-à-dire qu’il évite la lumière le plus possible. Les yeux ont une
apparence vitreuse qui fait penser à de grosses billes de verre. Il s’agit d’un
œil adapté aux conditions de faible intensité lumineuse. C’est une des raisons
pour lesquelles les adultes se retrouvent pendant les heures de clarté dans les
eaux plus profondes, ou encore se protègent de la lumière trop intense à l’abri
d’une grosse roche, d’un tronc d’arbre ou encore d’une végétation aquatique. Le
degré de turbidité de l’eau influence donc ses comportements d’alimentation. Au
lever et à la tombée du jour, il se nourrit près de la surface et pendant la
journée, il regagne les profondeurs ou se déplace sous des abris naturels. Si
l’eau est assez trouble, le doré s’alimentera toute la journée. Une autre de ses
caractéristiques est de vivre avec nombre de congénères; il vit donc en banc.
Son corps (ou si vous préférez la couleur de sa robe) est doré… ça va de soi,
avec quelques parties plus foncées tirant sur le vert sombre, brun, jaune voir
bleu selon son habitat; son abdomen est blanc et l’extrémité du lobe inférieur
de sa nageoire caudale (queue) porte une tache blanche. C’est un beau mariage de
couleurs. Ses nageoires sont particulières à la grande famille des percidés à
laquelle il appartient. La nageoire dorsale, principalement, est munie de 12 à
16 épines et le pêcheur sportif doit être prudent lorsqu’il manipule un doré.
Plus on monte dans le nord, plus la croissance des dorés est lente et plus la
maturité sexuelle est retardée de sorte que dans la région, un doré de 15 po
(37,5 cm) a habituellement près de 8 ans. Ceux qui ont une taille moindre ou
égale à 15 pouces ne se sont encore jamais reproduits étant donnée que la
maturité sexuelle n’est pas atteinte. Ainsi, seulement 9% de la population de
dorés jaunes participent à la fraie. La fraye a lieu à partir de la fin mai ou
le début juin dans notre région. Le mâle arrive en premier dans les frayères
mais il n’établit pas de territoire et ne construit pas de nid. Les milieux peu
profonds, bien oxygénés et ayant un substrat rocheux semblent être les endroits
favoris de cette espèce pour sa reproduction. La fraye a lieu durant la nuit et
la femelle sera accompagnée par 2 à 3 mâles. La femelle dépose généralement ses
œufs en une seule nuit et on estime la fécondité relative à 40 000 œufs / kg.
Les œufs déposés en eau peu profonde, ne sont pas protégés par l’adulte et ils
prennent de 20 à 25 jours pour éclore. Ensuite, les larves se concentrent près
de la surface où elles demeurent plusieurs semaines. Il est reconnu que le vent
et les vagues peuvent être une cause de mortalité importante mais c’est la
prédation qui est probablement le principal facteur de régulation de la survie
des jeunes et du recrutement annuel puisque entre le moment où l’œuf est déposé
et que la taille du demi-pouce est atteinte, le taux de mortalité dépasse
généralement 99,5%. Ce qui en fait une espèce sensible à son milieu de vie.
La consommation de poisson et ses bénéfices sur la santé
Contrairement à la viande, le poisson a généralement une faible teneur en
cholestérol et en gras, particulièrement en graisses saturées, tout en étant une
source comparable de protéines de haute qualité. On retrouve environ 19 g de
protéines dans une portion de doré jaune alors que l’apport nutritionnel
recommandé par jour se situe, selon l’âge et le sexe des individus, autour de 50
à 64 g de protéines. Le poisson est une source appréciable de vitamines et de
minéraux, dont la vitamine D et le sélénium. Ce dernier, dit-on, aurait entre
autre un effet antagoniste sur la toxicité du mercure. En ce qui concerne la
vitamine D, un apport quotidien est essentiel pour garder le calcium dans le
sérum à des niveaux qui assurent la minéralisation des os. Pour le doré jaune,
une portion équivaut à un apport en vitamine D de 394 u.i. alors que l’apport
nutritionnel recommandé par jour se situe entre 100 et 200 u.i.
Selon plusieurs études, les acides gras polyinsaturés Oméga-3 contenus dans la
chair du poisson protégeraient contre les maladies cardiovasculaires. On
attribue également d’autres propriétés préventives et thérapeutiques aux acides
gras de type Oméga-3, notamment pour les femmes enceintes ou qui allaitent. Ces
acides gras à longue chaîne sont considérés comme essentiels à la croissance et
au développement de l’enfant. D’ailleurs un supplément d’huile de poisson
pendant la grossesse permettrait de réduire substantiellement le risque de
naissance prématurée et de faible poids à la naissance. Une portion de doré
jaune permet un apport de 320 mg d’acide gras polyinsaturé Oméga-3 alors que
l’apport nutritionnel recommandé se situe entre 500 et 1000 mg par jour.
Bien que le poisson soit un aliment très sain pour la santé, il n’en demeure pas
moins que la pollution de l’environnement a un impact sur la qualité de la chair
des poissons prédateurs comme le doré. Il est certain que la prise en charge de
la protection de l’environnement par les autorités en place a permis de réduire
la contamination. Toutefois, les espèces de poissons prédateurs comme le doré,
le brochet, l’achigan et le maskinongé, qui se nourrissent de d’autres poissons,
sont portés à accumuler plus de contaminants comme le mercure. On les dit « à
risque » mais la contamination est moindre chez les plus jeunes captures. Raison
de plus pour remettre les poissons-trophées, les grands géniteurs, à l’eau!
En contre partie, il n’y a pas de restriction pour les poissons d’eau douce
comme le grand corégone, l’omble de fontaine et les autres truites. Il n’y en
n’a pas non plus pour la plupart des espèces évoluant en eau salée. Il est tout
de même recommandé de ne pas consommer plus de 2 fois par mois le doré jaune,
le brochet, l’achigan, le maskinongé et le touladi (truite grise). Si tout
au long de l’année, vous ne mangez ces dernières espèces qu’occasionnellement,
en voyage de pêche par exemple, le risque d’accumuler des contaminants est
tellement faible qu’aucune restriction ne vous est suggérée puisqu’elle
n’implique pas une consommation habituelle et fréquente, étendue sur plusieurs
années. Par ailleurs, il est conseillé d’éviter aux femmes enceintes ou qui
allaitent de consommer ces espèces et de les remplacer par des poissons pour
lesquels il n’y a aucune restriction de consommation.
Bon appétit!
Sources :
Plan de gestion du DORÉ en Abitibi-Témiscamingue 1999-2003
Le doré et l’omble de fontaine : deux grandes vedettes, Société de la faune et
des parcs du Québec Région Nord-du-Québec, Gouvernement du Québec.
Chronique nature… Le doré jaune : l’adoré du Nord-du-Québec, Justine Desmeules,
biologiste pour FaunENord, Tribune Chapaisienne, 2002.
BEAUDET Sylvie, biologiste responsable de la faune aquatique du territoire de la
Baie-James et responsable des dossiers des espèces de petites faunes de la
région Nord-du-Québec, à la Direction Nord-du-Québec de la Société de la faune
et des parcs à Chibougamau.
Connaissez-vous les Oméga-3? Moi, oui … Et je suis bon pour la santé!, Ministère
de l’Agriculture, des pêcheries et de l’Alimentation, Ministère de
l’Environnement et de la Faune, Ministère de la Santé et des Services sociaux,
Gouvernement du Québec, 97-212-1.
Site Internet : www.inspq.qc.ca/cse/bise/1999/bise_10_2.htm