La géomorphologie, le mariage de la géologie et de l'érosion
La topographie du territoire est très représentative du Bouclier canadien avec ses montagnes aux sommets arrondis, ses vastes plateaux et ses plaines marécageuses. En effet, ces vieilles chaînes volcaniques formées de roches cristallines subissent les impacts de l'érosion depuis très longtemps puisqu'elles ont près de la moitié de l'âge de la Terre soit environ 2.8 milliards d'années. Tout d 'abord formé par les volcans sous-marins en milieu tropical, le plancher océanique a par la suite remonté, par la tectonique des plaques, pour former la partie nord du Bouclier canadien. Pour preuve, des " laves coussinées " et des " brèches de coulées " sont encore visibles au nord du lac Opémisca. Leur formation s'explique par le refroidissement rapide de la lave brûlante sous l'eau de mer.
Laves coussinées, lac Opémisca Rémy Morin - Le volcanisme au Québec |
 Brèche de coulée, secteur de Chapais Rémy Morin - Le volcanisme au Québec |
Pendant ce temps, le volcanisme faisait toujours éruption sous terre. La lave qui ne se déversait pas à la surface restait emprisonnée dans les fissures et les espaces clos sous le sol. Une des formes données est semblable à la tête d'un champignon que l'on nomme " pluton ". Sous le lac Opémisca actuel, on retrouve le pluton d'Opémiska qui explique en partie pourquoi le lac est peu profond au sud de la Grosse Ile.
Puis, cet énorme morceau de terre est entré en contact avec un autre continent pour former la partie sud du Bouclier actuel. Lors de cet impact appelé " orogénèse ", le sol s'est relevé pour créer, entre autres, les monts Témiscamie et les monts Otish. Cette démarcation, définissant le Front Grenville, sert de nos jours de ligne de partage des eaux entre les bassins versants de la Baie-James et le fleuve St-Laurent. Elle est visible dans le parc de Chibougamau aux environs du kilomètre 188 alors que l'on passe des roches vertes aux roches de couleurs roses. Cette limite est aussi utilisée pour délimiter la région du Saguenay-Lac-St-Jean et la région Baie-James. Au moment de l'impact, des fractures dans le roc se sont formées afin de laisser s'échapper de la pression sous la terre. Ces grandes failles, qui créent des dépressions parallèles à la direction de l'impact nord-est / sud-ouest, sont à l'origine de la majorité des lacs allongés du territoire dont les lacs Opémiska, Mistassini et Chibougamau.
De même, la forme actuelle des plans d'eau a été complétée par l'érosion glaciaire qui facilitait l'abrasion des cavités avec une avancée du front du glacier vers le sud-ouest et par le lestage de till (matériel non trié laissé sur place par le glacier) sur les sommets. Plusieurs formes typiques peuvent être observées dans la région suite au passage et à la fonte des glaciers comme des eskers, des dépôts argileux ou encore les belles plages dorées de sable fin.
Le Nord-du-Québec
Le Nord-du-Québec couvre 840 000 km2 soit 55% de la superficie du Québec. À son tour, le Nord-du-Québec se divise en deux parties : le Nunavik au nord et la Baie-James au sud. Le Nunavik est habité par un peu moins de 10 000 personnes. Il est composé à 95% d' Inuits et à 5% par des allochtones et des Cris. . Cette région est originale pour ses villages répartis le long des côtes et par l'absence de routes d'accès faisant en sorte que les déplacements se font au gré du transport aérien et maritime. Il y a une exception dans cette région, il s'agit du village de Kawawachikamach situé à l'intérieur des terres, à la limite entre le Labrador et le Québec. Ce petit village est composé d'autochtones d'origine Naskapie.
Par ailleurs, la gestion du Nunavik repose sur l'Administration régionale Kativik qui agit au même titre qu'une Municipalité régionale de compté avec un gestion municipale dans les communautés. À partir de cela, les négociations avec le gouvernement fédéral et provincial vont bon train afin de mettre en place un gouvernement autonome pour le Nunavik.
La Baie-James
La région Baie-James se situe entre :
le 49e parallèle au sud
le 55e parallèle au nord
l'Ontario et la baie de James à l'ouest
la ligne de partage des eaux puis le 70e méridien à l'est
La Baie-James est composée de :
4 villes : Chapais, Chibougamau, Lebel-sur-Quévillon et Matagami
4 hameaux et localités : Radisson, Villebois-Valcanton, Desmaraisville et Miquelon
8 communautés autochtones : Oujé-Bougoumou, Mistissini, Waswanipi, Némaska, Waskaganish, Eastmain, Wemindji et Chissasibi
La superficie du territoire représente 350 000 km2 soit 20% de la superficie de tout le Québec (équivalent à 1 fois l'Allemagne et au 2/3 de la France). Le territoire est partagé entre les terres de Catégorie 1, 2 et 3 pour les communautés autochtones, les limites municipales, la réserve faunique des lacs Albanel, Waconichi et Mistassini de même que la Municipalité de la Baie-James qui couvre à elle seule la grande majorité du territoire.
La région est habitée par environs 16 000 allochtones et par plus de 13 000 autochtones. D'ailleurs, le visage de la population jamésienne est appelé à changer puisque la population Crie croît à un rythme qu'elle double à tous les 7 ans.
Il est possible d'accéder à la région par la route 117 en Abitibi-Témiscamingue puis par la 109, 111 et 113 direction Nord-du-Québec. Une boucle peut s'effectuer par le Saguenay-Lac-St-Jean via la route 167. De sorte que par cet accès de la 167, la région de Chapais est située à 550 km de la ville de Québec et à 700 km de Montréal. Par ailleurs, il est possible d'accéder à la région par les airs puisque des départs quotidiens s'effectuent de l'aéroport de Chapais-Chibougamau vers Roberval, Montréal et les villages autochtones nordiques. Une fois en région, la Route de la Baie-James qui est asphaltée est bien connue puisqu'elle permet l'accès à partir de Matagami à la localité de Radisson, où il est possible de visiter les barrages hydro-électrique. Pour accéder à la Route de la Baie-James à partir de Chibougamau, il est plus court de prendre la Route du Nord qui est en gravier et entretenue à l'année. Finalement, la Route Transtaïga , également en gravier, donne accès à l'intérieur des terres du Québec le long des barrages successifs d'Hydro-Québec à partir du nord de la Route de la Baie-James.
La région de la Baie-James est reconnue pour ses nombreux plans d'eau. D'ailleurs, le plus grand lac naturel d'eau douce au Québec est situé sur le territoire; il s'agit du lac Mistassini. Cet endroit recèle la plus importante population d'omble de fontaine trophée au monde grâce à une chaîne alimentaire parfaite et des frayères extrêmement productives.
Le lac Opémisca
Cette étendue d'eau s'étend sur 18 km de longueur et sur une largeur moyenne de 3,3 km. Ses contours très irréguliers totalisent un périmètre de 148 km pour donner une superficie totale d'environ 77 km2. Ce lac constitue en fait un élargissement de la rivière Chibougamau, laquelle se déverse par les rivières Waswanipi et Nottaway. Sa surface inclut plusieurs grandes baies, îles et presqu'îles.
Le nom Opémisca désigne aussi une montagne située au nord du lac. Le Mont-Opémisca d'une altitude de 540 mètres (environ 1780 pieds) se voit à partir de la plage du camping et est mieux connu sous l'appellation de la " montagne de la momie " et même de la " femme enceinte " à cause de sa forme typique.
Le nom Opémisca s'écrivant également Opémiska selon les auteurs s'agirait d'un nom cri, ayant pour sens, difficile à avironner. En langue montagnaise, le mot Opémisca aussi orthographié Opamiska signifierait, il est un peu élevé. Par contre, en terme algonquin, le mot Pamiska fait allusion à un lieu où les bords du lac sont parsemés d'herbes aquatiques. Le secteur avoisinant le lac est effectivement très marécageux.
La proximité de Chapais, à une dizaine de kilomètres, rend cette nappe d'eau populaire pour les activités de plein air et de villégiature. Le long de la baie de l'Ouest, on compte de nombreux chalets et un terrain de camping avec plage qui rappelle que ce lac a été également connu dans le passé sous le nom de Lac à la grève Sabloneuse, une variante sans doute inspirée de la relation faite par Henry O'Sullivan en 1901 de son expédition dans la région. L'explorateur propose en effet la traduction de Sandy Beach Lake pour le lac qu'il présente sous la forme de Lake Opamiska.
Source : Noms et lieux du Québec : dictionnaire illustré, Commission de toponymie, Publication du Québec, Ste-Foy, 1994, 925p.
Le lac Presqu'île serait d'origine exta-terrestre
On connaît le météorite de Charlevoix, de Manicouagan et plus récemment le cratère du Nouveau-Québec mais le lac de la Presqu'île, d'où la ville de Chapais tire son eau potable, fait également partie des 7 collisions météoritiques répertoriées au Québec par la Commission géologique du Canada.
Le lac de la Presqu'île, étudié lors de la dernière décennie, est spectaculaire depuis que des scientifiques y ont découvert à quelques endroits des roches métamorphiques caractéristiques d'une formation météoritique, qu'on nomme les " cônes de choc ". En effet, les preuves circonstancielles démontrent qu'il y a environs 750 millions d'années, un météorite aurait frappé la terre à cet endroit. Aujourd'hui, le cratère qui atteint environ 20 km de diamètre aurait subit jusqu'à 3000 mètres d'érosion verticale. Ce qui le rend difficile à identifier de nos jours. La forme circulaire du lac de la Presqu'île renforce cependant la thèse d'une collision météoritique.
Énergie mines et ressources 32G/10
Hyperliens intéressants sur le sujet :
http://gdcinfo.agg.nrcan.gc.ca/crater/world_craters_f.html
http://wwwdsa.uqac.uquebec.ca/~mhiggins/MIAC/MIAC.html